HISTOIRE D’UNE VIE : MON SILENCE EST UN CRI AU SECOURS!

Si on m’avait dit un jour que je subirai ces atrocités, je leur aurai ri au nez.

Même si on m’avait prévenue, je ne l’aurai pas cru.

Ça m’est tombée dessus contre toute attente.

Moi qui suis de nature prévoyante, je me suis laissée surprendre.


Il était de nature doux et calme, pas du genre à faire de mal à une mouche.

Il avait l’air si rassurant et protecteur, je ne lui ai rien trouvé de louche.


Et pourtant, la première gifle est arrivée sans crier gare.

Je m’en rappelle comme si c’était hier.

Je suis restée sous le choc, sans dire un mot.

J’avais osé lui répondre, j’avais osé bafouer son autorité.

Alors il s’était permis de me corriger.


L’agneau s’est transformé progressivement en loup.

L’homme si doux est devenu très jaloux.


Il contrôlait toutes les tenues que je portais.

Il repérait toute personne avec qui je parlais.

Il avait peur que je séduise.

Il fouillait dans mon téléphone à sa guise.


Il a piraté tous mes comptes et lisait toutes mes conversations.

L’Amour a laissé place à la Passion.

Une Passion malsaine.

J’ai vu un acharnement sans faille et un déferlement de haine.


Le matin il me disait je t’aime, avant midi je nageais dans une mare de sang.

Le soir il me disait bonne nuit avec amour, le matin j’avais droit à un réveil musclé.

Et gare à moi, si j’osais parler de mon calvaire à qui que ce soit.

Il me le ferait payer à tous les coups.


Avec lui tous les coups étaient permis, il n’y avait pas d’interdits.

Ces coups étaient devenus si fréquents que je ne les sentaient même plus.

J’avais les yeux boursouflés.

Les bleus sur mon corps, je les camouflaient.


Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

Et surtout, pourquoi tout le monde nous enviait.

Ils nous voyaient comme le couple parfait.

Alors que, j’étais entrée malgré moi, dans le club des femmes battues.

Tout comme elles, mon silence me tuait à petit feu.


Et j’ai commencé à mentir pour le protéger.

Ce bras cassé, je trouvais un moyen de le justifier.

Cette côte brisée, comment la cacher?


Alors, je trouvais toutes sortes de stratagèmes pour éviter que mon bourreau ne soit démasqué.

J’avais beau mentir mais mes yeux me trahissaient.

Pour cela, j’évitais au maximum tout contact visuel.

Le petit carré de personnes qui avaient découvert mon mensonge, me répétaient sans cesse la même chose.

« Quitte-le au plus vite ! »


Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

C’est si difficile de quitter quelqu’un qu’on aime à la folie.

Cet homme je l’aimais plus que ma propre existence.

Alors partir n’avait pas de sens.


Il m’avait isolé de tout le monde, je ne vivais qu’à travers lui.

Et pourtant,Je me sentais parmi les plus chanceuses.

Car j’avais un homme qui ne me voulait que pour lui.

Évidemment, qu’Il me battait parce qu’il m’aimait.

Ces coups je les méritaient.


J’étais une moins que rien et personne ne m’avait jamais aimé.

Je n’ai jamais eu l’Amour de mon père, il m’avait abandonnée.

Je n’allais pas laisser mon grand amour filer pour quelques égratignures.


Je sais ce que les gens pensent.

Certains me caricaturent et se moquent sans cesse.

Quand ils m’aperçoivent, ils baissent la tête.

D’autres posent sur moi un regard de pitié.

Ils n’osent pas s’en mêler.

Mais personne ne comprend réellement ce sentiment que je ressens.

"Quand tu n’as rien connu d’autre que l’enfer, ça devient ton refuge !" ~MrsKiss Kay
"Tout le monde a des squelettes dans son placard.Les miens sont peut-être plus apparents.Mais cela ne veut pas dire que les vôtres n’existent pas.Ils sont juste enfouis sous les décombres de votre prétendue vie parfaite." ~MrsKiss Kay

Je n’attends rien de personne car la vie m’a laissé des séquelles indélébiles.

Toutefois, j’espère toujours que l’on me tende la main, même si je la rejette 1 million de fois.

Je recherche un peu de tendresse, car ce que je vis est assez rude.

J’aimerais juste un peu de réconfort dans ce monde de brute.

J’aimerais qu’on m’aide à me relever même si la seconde qui suit, je serai à nouveau à terre.

J’aimerais qu’on entende mon cri ardent même dans mon silence.

J’aimerais qu’on déchiffre les signes et qu’on lise entre les lignes.

J’aimerais surtout qu’on me vienne en aide, car il a réussi à me rendre aussi malade que lui !


Je ne suis pas aussi sotte que vous le pensez.

Je suis bien consciente que rester pour les enfants n’est pas une excuse suffisante.

Je suis bien consciente qu’il recommencera jusqu’à ce que mort s’en suive.

Je sais mieux que quiconque ce que je ressens car c’est moi qui le vis.


Néanmoins, j’aimerais qu’on prenne de mes nouvelles, même quand je m’isole.

Qu’on n’arrête pas de me secourir même quand je me laisse mourir.

N’arrêtez pas tout simplement, même quand on vous ignore.

Car un jour votre présence, au bon moment, fera la différence.

Votre résilience aura une récompense.

Et une vie vous sauverez, car vous aurez refusé de nous abandonner.

Ce cri de cœur est un soutien aux femmes battues, votre silence résonne en nous, on a compris que vos non-dits ne sont pas consentis.

Même avec toutes ces barrières et votre armure on vous voit et on ressent votre douleur.

On ne comprendra pas tout mais on sera là avec vous.

Que Dieu,Allah, vous protège vous et vos enfants,et vous permette de sortir de cette situation que vous n’avez pas choisie.

Nous chasserons vos peurs et votre honte.

De l’ombre à la lumière, nous ferons ce cheminement avec vous, main dans la main.



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